Thomas Cornette face au vêtement féminin - Des modèles humbles et vertueux faussement adoptés par la noblesse

     Il y avait une réelle crainte du prédicateur puisque les nobles se vêtir comme le souhaitait Cornette, c'est-à-dire en paysanne ou en béguines, du moins, tant que le prédicateur restait dans la région consernée.

1 - La simplicité du vêtement de la paysanne :

« Habillées comme les femmes de labeur, de petit et pauvre état » ligne 33
     Si Thomas Cornette critique le vêtement de la femme noble, qui est ostentatoire, et diabolique dans certains de ses atours, il prêche pour la simplicité et l’austérité du vêtement des paysannes. Celles-ci sont simplement vêtues avec des drapeaux de laine de couleurs sombres, et sans formes particulières. La paysanne ne possède pas de décolleté et ainsi ne pousse pas l’homme à la luxure. Elle ne porte pas de longues traines qui sont de plus en plus assimilées au bordel et aux filles de joie et sont finalement adoptées par ces dernières. Le vêtement des humbles est un vêtement pratique qui permet le travail et couvre le corps contre les rigueurs du climat, contrairement à ceux de la noblesse qui dévoilent certaines parties de l’anatomie des femmes. Enfin, le vêtement de la paysanne est le symbole du travail, de la vie de labeur, si chère aux ordres mendiants eux même pauvrement vêtus. Des vêtements austères sont le signe de la richesse d’âme contrairement aux vêtements somptueux qui évoquent l’attachement de l’homme, et en l’occurrence de la femme au monde du terrestre, au monde du plaisir charnelle, un monde éphémère et dégradable.

2 - Le modèle chaste des béguines :

« Prirent d’autres assez semblables à celles que portent les femmes des béguinages » lignes 35-36
     Avec la louange du vêtement de la paysanne, Cornette loue aussi le vêtement des béguines. Les béguines sont des femmes qui louent leur vie à Dieu sans toute fois entrer réellement au couvent. Pour ces femmes, le vêtement représentait une entrave et une menace sérieuse pour l’intégrité de leur âme. Certaines femmes, obligées de porter des vêtements somptueux pour afficher leur rang revêtaient en dessous de ceux-ci une chemise de crin pour protéger leur âme. D’autres femmes se dépouillaient de toutes les fioritures et atours somptueux de leur vêtement.

     Les béguines portaient des vêtements simples, semblables à ceux des ordres mendiants et donc ne pouvait être que loués par Thomas Cornette au mêmes titre que le vêtement de la paysanne, pour leur chasteté, leur rapprochement vers Dieu, et une spiritualité possible par l’abandon des choses terrestres qui sont qualifiées de futiles et illusoires.

3 - L’hypocrisie de la noblesse :

« Après que le prédicateur fut parti du pays, elles recommencèrent comme avant » ligne 41
     Pendant toute la durée du séjour de Thomas Cornette dans la ville d’Amiens, et sous la violence verbale et physique exercées à l’encontre des femmes nobles portant de hauts atours, celles-ci se décident à porter des vêtement pieux et simples, à la façon des paysannes et des béguines et se coiffent de simples bonnets. Cependant, il ne s’agit que d’une conversion de surface puisqu’on assiste dès le départ de Cornette à un retour de la mode et des atours en forme de cornes dans la ville. Pire encore les atours de tête comme un défi aux prêches de Cornettes se sont allongés après le départ de celui-ci. Ainsi le prédicateur à un pouvoir tant qu’il reste dans la ville et qu’il réalise des sermons en blâmant tous les vices de ses habitants.

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Dernière mise à jour de cette page le 27/01/2009

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