Thomas Cornette face au vêtement féminin - Des modes ostentatoires critiquées par le prédicateur

     Le développement de la mode et la surenchère de fioritures à entrainé une critique des vêtements, critiques qui se basent sur le Bible et la faute d’Eve, mais aussi sur la silhouette démoniaque des femmes due à leurs atours de tête. Enfin, il y a une réaction virulente et violente de certains prédicateurs à l’encontre des femmes richement vêtues.


1 - Filles d’Eve et péché de chair :


« Reprirent peu à peu leur état comme elles avaient coutume de faire avant » ligne 41
     Pour les prédicateurs, aimer la mode, c'est-à-dire aimé gaspiller du tissu, se rattache à la corruptibilité de la chair. Il y a un rapport particulier entre la chute originelle et le vêtement. Il est un des symboles qui rappelle à l’homme, et d’autant plus à la femme, qui est une fille d’Eve qu’ils ont été chassé du jardin d’Eden. Les parures, comme les traines qui sont comparées à des queues d’animaux, symbolise l’orgueil et la luxure et sont l’un des signes de la décadence de l’occident selon les clercs. La mode des femmes symbolise sans cesse le renouvellement du péché originel, avec la victoire d’Eve sur Adam.

     Les réactions hostiles du monde religieux envers le costume féminin n’ont fait que croitre au cours du Moyen-âge. Sous la plume de Thomas d’Aquin, l’attachement des femmes à la mode est vu comme un péché véniel et relevant plutôt de la vanité et non de la luxure. Plus tard, avec les ordres mendiants, cet attachement est considéré comme un péché mortel. Ils voient dans ces vêtements, les signes de la décadence de l’occident. Ils reprochent aux modes d’empêcher et de retarder de nombreux mariages, les époux mettant plus de temps à acheter un trousseau. La conséquence de ces retards de mariage entraine la diminution des naissances dans une Europe qui a bien besoin de population pour faire face aux nombreuses crises.

     Enfin les prédicateurs mendiants insistent sur le faite que la mode étant onéreuse, le mari doit s’adresser aux usuriers juifs pour satisfaire les caprices de sa femme. Ainsi le juifs se font de l’argent aux dépens des chrétiens, et cet argent est jugé antinaturel par nombre de prédicateurs.

2 - Les atours de tête objet de toutes les critiques :

« Blâmait et diffamait très excellemment les femmes de nobles lignées qui portaient sur leur tête de hauts atours » lignes 15-17
     Thomas Cornette dans son sermon se positionne contre la mode des femmes nobles et tout particulièrement contre le port des atours de tête. Les cheveux des femmes étaient massés en truffeaux sur les tempes, ou nattés autour de montures métalliques. A la fin du XIVe siècle, une coiffe de soie ou résille enveloppe les cheveux. Puis les truffeaux commencent à prendre des proportions de plus en plus grandes. Au début du XVe ils sont recouverts d’un mince bourrelet, qui croit peu à peu avec les truffeaux. Il y a une élévation verticale de la coiffure avec des formes dites à deux lobes ou pain fendu. Elle est réalisée avec une structure métalique recouverte d’un voile. Pour les prédicateurs, ces coiffures ressemblent à des cornes, Juvénal des Ursins écrit en 1417 « Cornes merveilleusement hautes et larges…à grandes oreilles de chaque côté. »

     Ce type de coiffure devient l’objet de critiques virulentes de la part des prédicateurs comme Thomas Cornette, qui les présente comme des cornes de diables fumants qui tourmentent les hommes. Ces coiffures qui évoquent le diable méritent à elles seules l’anathème. Il est à noté que le terme de Hennin, employé par Cornette ne désigne pas un hennin médiéval, puisque celui-ci, un atour haut et pointu avec un voile, ne fait son apparition que vers 1440. Le terme hennin, dans le bouche de Cornette sert donc à désigner les coiffures à cornes et est un terme satirique, injurieux et dévalorisant et ne désigne en rien une coiffure.

3 - La crainte du prédicateur :

« Les dames, demoiselles et autres femmes portant ces atours n’allaient plus à ses prédications » ligne 31
     Thomas Cornette qui prêche contre la mode des femmes utilise des menaces spirituelles, que nous verrons plus tard, mais aussi de la violence verbale. Cornette blâme et terrorise son public mais l’oblige aussi à se plier à ses volontés En effet, il emploie des enfants afin d’honnirent les femmes de nobles lignée en criant au hennin, au hennin. De plus, ces derniers, sont envoyés pourchasser les femmes nobles ainsi habillées jusqu’à ce qu’elles se réfugient dans leurs maisons. Ce type d’action était employé par certains prédicateurs et religieux comme l’évêque de Paris qui faisait poursuivre ces femmes par la population qui criait « hurte belin » c'est-à-dire « bélier frappe de tes cornes ». La femme ainsi vêtit est reléguée au rang du démoniaque et est ainsi privée de suivre le sermon du prédicateur et la messe associée à celui-ci. On peut donc dire, que celle-ci est temporairement, du moins jusqu’au départ du prédicateur, chassée de la vie sociale et est mise à l’écart à la façon des paria et des excommuniés. 

Commentaire (0)

Aucun commentaire

Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



Dernière mise à jour de cette page le 27/01/2009

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Histoire
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web